souvent on me parle mal
les bouches font des rictus
les mots se détournent de mon corps clochard
pourtant je limite mon volume
je me méfie des grandes dents 
même les femmes presque gentilles
je n'ai les clés d'aucun logement
même l'oxygène me racle les poumons
la nuit me soustrait peu
les jours de marché sont les pires
je ne lève plus les yeux devant les vitrines
mes larmes indisposent le caniveau
j'évite de penser pour faire plaisir aux damiers
résidu de dignité renonceuse
souvent je me traîne en haut de butte
je n'utilise plus mes mains
j'ai donné mon sang fringant
mon museau
la vie s'amuse à me maintenir
trop populaire pour la soupe de condescendance
même les pieds des gosses vilains ne me shootent plus loin
je dors entre chien loup et loup
je ne suis jamais comptabilisé
le froid s'épuise sur moi
je dirai qu'on est en mars
il y a bien ce faux compagnon qui me croit encore assez humain
la mort est si maladroite